Demain il sera trop tard

cover118622-mediumJe remercie les édition Rageot pour ce service presse et leur confiance, via le site Netgalley.

♦Résumé♦

Virgil vit dans l’insouciance. Le Terme diagnostiqué à sa naissance fait de lui un 87 (il va vivre 87 ans). Mais un jour, une Brigade tente de l’arrêter. Il s’enfuit. Débute alors sa descente aux enfers.
Enna, elle, est Court Terme et vit dans le ghetto. Elle graffe sa révolte sur les murs des beaux quartiers. Quand son amie est tuée par un groupuscule proche du pouvoir, elle jure de la venger…
Traqué, Virgil rencontre une jeune geek, Lou, analyste de données, qui lutte clandestinement contre le système.
Lui, Enna, Lou et d’autres sont décidés à se battre contre cette société totalitaire qui les a condamnés et à vivre intensément chaque jour, chaque minute, chaque seconde, qui restent  !


♦Mon avis♦

La couverture n’en disait pas grand chose, mais le résumé m’a interpellée. Je ne connaissais pas non plus cet auteur qui n’en est pourtant pas à son coup d’essai dans le domaine de l’écriture. Il a également publié plusieurs ouvrages dont un qui me tente particulièrement La traversée qui est plus le registre de la littérature jeunesse, mais dont le résumé m’a marquée !

Dans cette société futuriste, le système a été refondu. À la naissance, chaque individu est exposé à un test qui lui permet de connaître sa durée de vie. À partir de là, sa vie entière est régit par son terme. Les longs termes disposent d’avantages que les courts termes fantasment et l’antagoniste entre les termes accroît de jour en jour. Pourtant, un grain de sable va venir ébranler tout le système en place. Un grain de sable pas si minuscule, puisque chacun a ses raisons pour se battre contre ces nouvelles technologies et leurs créateurs qui dirigent le monde.

Ce livre m’a rappelé le film « Time Out » que j’avais adoré. Les codes de la science-fiction y sont, sans pour autant tomber dans des clichés sans fins que j’ai de plus en plus de mal à apprécier.

L’histoire est longue, environ 440 pages, ce qui nous permet non seulement nous imprégner de l’univers, mais également de cerner les codes de cette société par le biais d’une description précise, permettant une immersion totale. Mais ce qui m’a le plus marquée, c’est la personnalité des personnages. Chacun est dépeint avec soin, avec des personnalités, un passif et une manière de ressentir les émotions totalement différentes.

Virgil en premier lieu, est un personnage qui a toujours vécu en paix avec ses deux parents et quand le couperet tombe, sa réaction est cohérente. On abandonne les clichés habituels pour un personnage imparfait, que l’on prend plaisir à suivre. Virgil est d’abord égoïste, un brin hautain, mais plus l’histoire évolue, plus il va comprendre ce qui lui arrive et s’engager dans un combat qui le dépasse parfois et qui l’amènera à rencontrer de belles personnes, mais aussi à souffrir. J’ai adoré Virgil, justement parce qu’il n’est pas parfait, il est vrai, il ressent de vives émotions qui l’amène parfois à prendre de mauvaises décisions.

Enna est également un personnage que j’ai adoré. Elle est sombre et agit de manière inconsidérée et égoïste dans bien des situations, mais elle a souffert et on la comprend. On ressent cette rage bouillonnante qui la consume et son besoin de vengeance.

Lou est ma petite préférée. Elle est brillante et sous ses allures d’agent secret, j’ai adoré sa sensibilité.

Au départ, j’ai eu un peu peur de me lasser de cette lecture, pourtant l’action commence immédiatement, mais comme l’univers nous est inconnu, on peut rapidement se retrouver perdu. Hors, j’ai bien fait de continuer, puisque dès le cinquième chapitre, j’étais accro et je ne pouvais plus m’arrêter. On a envie de comprendre le pourquoi du comment et surtout de suivre les personnages dans leurs aventures.

La plume est très accessible, en bon YA et surtout d’une grande fluidité. Les dialogues, surtout, sont parfaitement réalisés et donnent un rythme soutenu à cette histoire déjà pleine d’action et de rebondissement.

L’intrigue en elle-même est géniale. Le travail autour de ce livre m’a vraiment impressionnée et chaque mot, chaque technologie du système comporte un nom. La fin est une fin relativement ouverte et j’ai vraiment apprécié, cela permet de ne pas terminer brutalement et de laisser le loisir au lecteur de faire jouer son imagination.

L’ambiance du livre est souvent très oppressante et l’auteur réussit merveilleusement à nous transmettre les moments de panique, de peur, de soulagement. Quant au sujet, il traite d’oppression, de totalitarisme, de séparatisme, de politique défaillante guidée par des lois bioéthiques largement refondues. C’est à la fois intéressant et fort comme sujet et je trouve intéressant de le traiter ainsi, surtout pour ce public.

Outre la question d’éthique générale, j’ai été amené à me poser des questions quant à notre époque, à l’heure où on est capable de créer des bébés médicaments pour sauver un être malade, à l’heure où la nature commence à être totalement bridée par l’homme, ne sommes nous pas en train d’arriver inexorablement vers cette société peu élogieuse ?

La mort est également un sujet qui revient sans cesse et qui nous oppresse, comment vit-on quand on se sait condamner à mourir quelques années? Comment peut-on mettre un enfant au monde, si on sait qu’il va mourir avant nous? Beaucoup de questions et de moments de détresse psychologique dans cette dystopie. C’est perturbant et à la fois grisant pour le lecteur de ressentir la tension liée à cette peur constante de mourir.

Je suis passée par toutes sortes d’émotions avec ce livre, l’énervement, la tristesse, le dégoût, le sentiment d’injustice profonde qui m’a donné mal à l’estomac plus d’une fois, mais également la hargne puis l’espoir. Certains passages sont très forts et les disparités qui y sont mentionnées m’ont fait sortir de mes gonds, avant de réaliser qu’elles existent déjà dans notre monde. Une belle leçon !

En bref, une histoire originale, écrite avec précision et fluidité avec des personnages attachants et réels et un sujet profond et bien mené qui nous pousse à réfléchir et nous offre un panel d’émotion rare. Une très belle découverte.

Ce livre sortira le 13 septembre à l’occasion de la rentrée littéraire. En attendant, vous pouvez déjà le précommander, via Amazon, ici !

Ma note : 19/20

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